lors du Conseil communautaire du 27 juin 2008
30 juin 2008, par Patrick Cotrel - #15. Sainte-Luce - #90. Nantes MétropoleMonsieur le Président, chers collègues,
Vous le savez, nos communes à l’est de l’agglomération sont en forte croissance de population. Par exemple entre les bourgs de Sainte-Luce et de Thouaré, ce sont plusieurs milliers de logements nouveaux qui sont en cours de construction.
Dans ces conditions, la question des transports en commun devient de plus en plus sensible.
En particulier, l’axe de la RD68 (autrement dit la route de Sainte-Luce) porte un espoir d’amélioration rapide, avec une mise en place d’un chronobus impliquant des tronçons de voie en site propre pour franchir les points noirs. Et je dois dire que nous avons eu la mauvaise surprise de découvrir que cet aménagement ne comportait pas de voie séparée pour le bus.
Maintenant, « le coup est parti », et il est trop tard pour le remettre en cause. Mais je tenais à saisir cette occasion pour réaffirmer l’importance de cette question des transports en commun pour nos communes.
Toute la classe politique semble être surprise par le résultat du référendum en Irlande et semble penser que, décidément, on ne peut pas faire confiances aux peuples !
Car personne n’en doute ; si demain le même référendum avait lieu en France ou dans un autre pays, le résultat serait identique.
Plutôt que de s’interroger sur le pourquoi, on se demande comment contourner l’obstacle, c’est à dire comment contourner la démocratie.
Mes convictions sont claires : j’ai fait campagne pour le OUI lors du référendum sur le précédent projet de traité, parce qu’il me semblait apporter un progrès démocratique dans le fonctionnement des institutions européenne. Mais tant que l’Europe ne sera pas ressentie comme protectrice pour ses habitant et plus démocratique, alors le fossé ne fera que se creuser entre une classe politique de plus en plus sourde et une opinion publique tentée par le replis sur soi, face aux multiples dangers qui l’assaillent.
Que cela fasse plaisir ou non, l’Europe est aujourd’hui celle qui va permettre une semaine de travail à 68 heures, celle qui permet la mise en concurrence des services publics et les menace et celle sur laquelle l’opinion des citoyens n’a aucune prise. Et le seul domaine sur lequel ses directives sont clairement protectrices, la protection de l’environnement, c’est justement celui où la France est en retard et traîne les pieds.
J’ai bien peur que l’Europe soit sur une mauvaise pente !
Diminution de la dette communale. Telle est la principale nouvelle du Budget supplémentaire voté lors de ce Conseil. Soulignons également un engagement très clair de la municipalité en faveur de l’éducation, du Développement Durable et du soutien à la vie associative.
A noter également une attitude nouvelle de l’opposition : elle a voté toutes les délibérations, y compris le Budget Supplémentaire. Elle n’a exprimé son opposition que sur un sujet très idéologique : le ‘’service minimum’’ dans les écoles.
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Il faut préciser que ces réunions ont été précédées de quelques déclarations ministérielles péremptoires du style : « la France dépense trop d’argent pour la formation professionnelle, pour de mauvais résultats » ou bien « il faut mettre plus de concurrence entre les organismes de formation pour obtenir de meilleurs résultats ». Les différentes composantes représentées dans ce groupe savaient donc que l’Etat chercherait à démontrer leur incapacité à piloter correctement les dispositifs de formation professionnelle dont ils sont responsables : les partenaires sociaux implicitement accusés de profiter du système pour alimenter financièrement leurs organisations et qui veulent défendre leur « Accord National Interprofessionnel » signé par toutes les organisations ; les Régions qui craignent que l’Etat profite de la fusion ANPE/ASSEDIC pour recentraliser les décisions (mais pas les coûts !).
Les constats sont assez consensuels et ils ont été assez bien décrits par différents rapports (rapports du Sénat et rapport du Comité Economique et Social, par exemple) : l’ancien système de formation professionnelle concerne avant tout les salariés les plus qualifiés appartenant aux grandes entreprises ; le fait d’attacher des droits à la formation au statut induit mécaniquement des discontinuités de parcours de formation et de vie professionnelle, …
Notons au passage la très grande faiblesse des outils statistiques pour apprécier les types et contenus de formation des salariés : seules les déclarations fiscales permettent une très pauvre approche par le coût et la durée des actions de formation. Mais en aucun cas nous n’avons une idée sur le contenu de ces formations, et encore moins sur leurs effets pour l’entreprise et le salarié. Dans ces conditions, on peut s’étonner de certaines déclarations de l’Etat (Mme Lagarde en premier) selon lesquelles le système de formation professionnelle serait inefficace et trop coûteux.
Cela ne veut pas dire que l’ensemble du système de formation soit satisfaisant : les différents rapports cités plus haut en ont souligné les défauts évidents. Mais personne ne sort indemne de cette critique nécessaire. Et en premier lieu pas l’Etat qui « produit » chaque année 200 000 jeunes sans qualification à la sortie du système scolaire et universitaire.
Certaines pistes de travail semblent s’esquisser, cependant. Par exemple, le bilan intermédiaire de l’ANI 2003 laisse apparaître des modifications qui vont dans le bon sens. De plus, les partenaires sociaux affirment la nécessité de travailler avec les Régions.
Enfin, l’ANI 2008 dans son art.15 affirme la volonté de ne pas uniquement travailler en direction des salariés, mais aussi pour l’insertion des publics menacés d’exclusion. Pour cela, les partenaires sociaux sont en recherche de coopération avec les autres financeurs de formation professionnelle, en particulier les Régions.
Il reste une inconnue de taille : l’Etat. C’est le gouvernement qui souhaite faire une réforme de la Formation Professionnelle et qui réunit les partenaires sociaux et les Régions pour en discuter. Mais pour le moment, il reste muet sur les grandes orientations de la réforme qu’il souhaite faire. Cela commence à provoquer un malaise pointé par tous.
A suivre !....